Garder contact par SMS après un sevrage d'alcool

Dans la revue Addiction, une étude allemande randomisée a évalué l'impact d'un recontact systématique par SMS après un sevrage d'alcool hospitalier.


En addictologie, le maintien du contact avec les patients est parfois difficile, en particulier après une hospitalisation. Les nouvelles technologies pourraient maintenir un lien virtuel utile, lorsqu’un suivi de consultation n’a pas pu être mis en place. L’échange de SMS (short message system) fait partie des options pour maintenir ce lien minimal. Les SMS sont déjà couramment utilisés pour les rappels de rendez-vous, et plusieurs études ont montré que chez certaines populations, ils apportent une réduction du risque de récidive en cas d’envoi après une tentative de suicide. Dans cette étude allemande, les auteurs ont voulu mesurer l’impact de l’envoi de SMS après un sevrage hospitalier d’alcool, chez des patients alcoolodépendants.

Il s’agissait d’une étude multicentrique d’un an, au cours de laquelle 230 patients (âge moyen 45,4 ans ; 22,6% de femmes) étaient comparés pendant 1 an à 232 patients (âge moyen 44,5 ans ; 22,8% de femmes). Les patients recevaient des SMS à intervalles réguliers, pour leur demander comment ils allaient, et s’ils avaient repris une consommation d’alcool. En cas de réponse « oui », ou d’absence de réponse, un soignant les contactait. Un suivi parallèle des consommations était réalisé dans les deux groupes par des appels téléphoniques réalisés par des chercheurs indépendants du centre de soin. Le critère d’évaluation principal était une mesure du niveau de consommation à 3 catégories, durant les mois 10-12 après la sortie du sevrage : abstinence, consommation non-sévère, consommation sévère (>60g/j pour les hommes, et 40g/j pour les femmes). Le critère d’évaluation secondaire était le nombre de jours d’abstinence sur les 12 mois de suivi.

Dans le groupe avec SMS, les consommateurs « sévères » étaient 22,2%, contre 32,3% dans le groupe « suivi habituel » (OR 1,68 ; IC95% 1,11 – 2,54 ; p=0,015). Il n’y avait par contre aucune différence significative entre « tout usage d’alcool (sévère + non sévère) » et abstinence. Les auteurs concluent ainsi que les SMS permettent de réduire le taux d’usagers sévères d’alcool, mais pas le taux global d’usagers d’alcool. La mise en place de SMS et rappel téléphonique étant un système relativement simple et peu coûteux, il semble intéressant que les services addictologiques puissent assurer un tel suivi, notamment pour les patients qui ne peuvent ou ne souhaitent maintenir un suivi de consultation ambulatoire en post-sevrage.


Lien vers l'étude: https://doi.org/10.1111/add.15313

© 2023 Service Universitaire d'Addictologie de Lyon (SUAL) - template : Wix.com - images : services communication du CH le Vinatier et des HCL.