Genèse du processus addictif : articulation entre théories psychodynamiques et neurobiologiques.


Une nouvelle publication lyonnaise par le Dr Hélène Scarna (psychologue) dans Frontiers in Psychiatry. Disponible ici


Résumé en français :

Les consultations psychothérapeutiques de patients toxicomanes dans un Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie nous ont conduit à proposer plusieurs hypothèses sur la genèse de l’addiction et son articulation avec les données neurobiologiques actuellement disponibles. Ce centre de soins dispense à la fois des médicaments d'entretien pharmacologique pour la dépendance à l'héroïne, tels que la méthadone ou la buprénorphine, et un soutien psychologique. Notre première hypothèse postule que le processus addictif est conduit par la vulnérabilité narcissique de ces patients, ses fondements neurobiologiques étant principalement médiés par l'activation de systèmes opioïdes endogènes. L’usage / l’abus de drogues pourrait être un moyen de faire émerger le «vrai moi», et donc de surmonter le système défensif mis en place pour se protéger des premiers traumatismes. L'impact neurobiologique des traumatismes est également développé et articulé avec des concepts psychodynamiques, en particulier ceux de Winnicott. De plus, les fonctions de la dépendance telles que les rôles défensifs, antidépresseurs et la régulation émotionnelle sont discutées en relation avec leurs bases neuroscientifiques actuellement connues. Bien que l'expérience en clinique psychodynamique soit à un niveau de complexité bien plus élevé que ce qui est actuellement accessible aux neurosciences, la plupart des recherches dans ce domaine restent en phase avec notre compréhension psychologique du processus addictif. Enfin, nous soulignons quelques points critiques concernant le soutien thérapeutique.